王信瑜,〈巴黎的鬱卒#1〉,2025 年,畫布、a-khú-lih、紙枋,20.0 x 20.0 cm
Ông Sìn-lû (Wang Hsin-Yu), Le Spleen de Paris #1, 2025, acrylique sur toile, carton, 20.0 x 20.0 cm
窗仔 ◎Poo-to-lè-hoh(波特萊爾)
LES FENÊTRES ◎Charles Pierre Baudelaire
迵過拍開的窗仔,看著外口的這彼个人,佮金金相(kim-kim-siòng)關起來的窗仔的這个人相比,看著的,永遠攏袂較濟。無一件代誌,會比予蠟燭炤光的窗仔門,閣較深刻、閣較神祕、閣較豐富、閣較烏暗、閣較頭眩目暗(thâu-hîn-ba̍k-àm)。人佇日頭光下底,會使看著的,總是比玻璃後壁發生的,較無趣味。佇彼个烏暗抑是光明的空縫,性命活咧、性命眠夢、性命受苦。
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
迒過厝頂一重閣一重的波浪,我注意著一个老練的婦人人,已經有皺痕,散赤,總是向腰(ànn-io)咧相一寡物件,而且,毋捌出門。按伊的面、按伊的衫、按伊的姿勢、按差不多啥物攏無,我重新編這个婦人人的故事,抑是應該講,伊的傳奇。有當時仔,我對我家己講這个故事,目屎流目屎滴。
Par delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
檢采是一个散赤的老阿伯,我嘛會重編一个伊的版本,仝款輕輕鬆鬆。
Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
然後,我上眠床,為捌佇別人身軀內底,生活佮受苦的家己,感覺驕傲。
Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
恁可能會共我講:「你敢確定這个傳奇是真的?」若是這會當幫贊我活咧,感覺著我是啥人(siáng)、我是啥(siannh),我以外的現實,是毋是誠實的,敢有足重要的?
Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?
——《巴黎的鬱卒(巴黎的憂鬱)》
—— « Le Spleen de Paris »
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